LES ACTUALITES DU LAVOIR

Le Lavoir reprend ses cours !

Réouverture pour tous les élèves à partir du 19 mai

PRECEDEMMENT AU LAVOIR

SMALL IS BEAUTIFUL 

du samedi 10 au dimanche 25 octobre.

BEATRIZ TREPAT

 

Je crée des personnages qui évoquent des organismes non identifiés de la nature.

Ils échappent aux catégories végétales - animal - minéral, en perturbant les frontières établies.
Ils unifient les paires opposées (dur / mou, sec / humide …)

Ils évoquent des sensations tactiles et génèrent en même temps une ambiguïté.

 

STEPHANIE MARTIN

 

Mon travail s'articule autour du vivant. C'est mon sujet récurrent. Etudiante, j'axais mes recherches autour de la cellule, du corps humain...

Une fois installée en tant que céramiste, mes premières pièces furent des « Nids » puis s'en suivit « L'éclosion », « La graine », « La métamorphose » et actuellement « D'un état à un autre ».

J'explore le vivant dans sa globalité, la croissance, le cycle de la vie, la mutation, le passage de l'un à l'autre. Allant du Végétal (graine, rhizome, feuille, branche, fleur, la butte-montagne-...) à l'Homme (organe, mains, pieds, visage...) en passant par l'Animal (poils, plumes, organe...). Ces modelages répétitifs illustrent des symboliques personnelles ou universelles ; la plume (l'oiseau) comme le besoin d'évasion, la butte reflète l'ancrage, le rhizome symbolisant tantôt la croissance tantôt l'élévation ou bien encore le bouillonnement.... Parfois ils se confondent comme la feuille de l'arbre et la plume d'oiseau ; la branche de l'arbre et les bois d'un cerf.

Entre Végétal-Homme-Animal, il n'y a pas de rupture entre eux mais plutôt des ponts, des passages, sans hiérarchie ou bien je l'interroge... L'un génère l'autre, ils font parti d'un tout, ils sont en interdépendance.

 

LORENA WOWK

 

Je construis mes pièces en partant d’une plaque que je repousse au plus loin des qualités plastiques de la matière pour obtenir des univers globuleux. Puis je pince et je tors pour créer des mouvements aléatoires et mystérieux. Lorsque la forme primaire se révèle, un dialogue s’invite entre la pièce et moi.

Le travail délicat commence : redessiner les sentes, arrondir les courbes, accentuer les cavités… En somme, donner du sens aux formes afin de créer une œuvre qui se lit.

L’œil guidé par des chemins d’ombre et de lumière, des bosses et des creux, se laisse inconsciemment porter par la lecture des formes aussi étranges que familières.

Certaines pièces expriment des expériences vécues, des souvenirs, des sentiments enfouis… D’autres portent en elle le simple privilège et plaisir de création.

Grès - Cuisson 1270°

TelluriqueS

Interrompue par le confinement, l'exposition reprendra 

du samedi 5 septembre au dimanche 20 septembre.

Ananda Aragundi se joint à cette exposition.

SYLVIANE PERRET

 

Démarche 

 

…Tout est en mouvement, en perpétuelle transformation, et en premier lieu la « terre », celle sur laquelle nous marchons, ces couches de fines particules issues de la longue et lente souffrance des roches, abrasées par la tyrannie incessante de l’érosion par le temps et l’espace. Ces poussières de terre sont des pépites masquées, des joyaux des profondeurs. Je fais provisions de ces scories magnifiques partout où la chance m’emmène, France, Espagne, Maroc, Islande …argiles…cendres…sables volcaniques…rhyolites de toutes couleurs…roches basaltiques….

Récoltées à un instant T de leur « état » physique et chimique, je les compose et les combine, leur imposant de nouvelles décompositions, transformations et recompositions en accéléré dans le feu et l’atmosphère du four. Extraits d’un texte de Sylviane Perret.

 

CLAIRE FRECHET 

 

L’artiste

 

Claire Fréchet enracine sa créativité dans la céramique à 25 ans, après avoir été traductrice de poésie.

Elle s’initie dans une communauté indigène du Mexique au «brunissage» de la faïence en 2003, une technique rare de polissage de la faïence à la pierre d’agate. C’est le déclic. Elle fréquente les ateliers de sculpture de l’École Duperré.

 

Météores

Ces sphères au toucher d’une intense douceur, soudain attaquées par une érosion minérale, cosmique, des motifs calligraphiés par le feu...

L’esprit de ces vases évoque l’ordre et le désordre du monde céleste.

 

Aurora Mineralis

Des vases aux formes simples mais dont les surfaces polies, érodées, patinées rappellent une peau caressée par les éléments à l’aube du monde. Les filons d’or qui s’y intègrent subliment cet esprit. Extraits d’un texte de Claire Fréchet.

 

 

MIREILLE MALLET

 

Démarche

 

Mes recherches me conduisent à produire de multiples variations du traitement des terres brutes, créant ainsi une ambiguïté de la matière.

Réalisés en grès, les volumes que je façonne sont fissurés, fracturés en éclats ou imprimés de profondes cavités plissées.

Ils sont la mémoire d’une matière en fusion, de forces éruptives, de mouvements géologiques formant failles, crevasses et plissements.

Je joue du contraste entre les terres sombres et les inclusions de sables clairs, les parcelles d’email, traces brillantes, pépites colorées.

Ces sculptures sont des météorites, des magmas de lave refroidie, des pierres de lune, des concrétions sableuses… des fictions minérales.

Les roches racontent l’histoire de notre planète, du cosmos, de l’origine de notre univers, de nous-mêmes et sont le point de départ de mon travail et de mes recherches, le support de rêveries nouvelles. Extraits d’un texte de Mireille Mallet.

 

MARIANNE ABERGEL

 

Marianne Abergel travaille la céramique sculpturale. Elle garde de son passé d'architecte une passion pour l’espace, et cherche, dans ses sculptures abstraites, à le qualifier et à lui donner corps. Son travail autour du vide ou de la frontalité la conduit à expérimenter des assemblages formels associés à la couleur, cherchant toujours équilibre et émotion.

Sa volonté de s’inscrire dans la réalité du monde la pousse aussi vers des créations d’un autre ordre, celui de l’Altérité, nom qu’elle donne à l’ensemble de ses créations qui interrogent les rapports des animaux humains avec les non-humains. Texte écrit par l’artiste.

 

ANANDA ARAGUNDI

 

Née en Equateur, Ananda Aragundi-Hanus s’initie à la céramique en autodidacte, avant de s’y consacrer entièrement peu après son arrivée en France en 2002. Elle se forme à l’Institut de Céramique Française de Sèvres. Elle entame ensuite une longue période de recherche sur la forme et les émaux, qu’elle enrichit auprès d’artistes comme Gustavo Perez, Shozo Michikawa, Akira Satake. Son travail est aujourd’hui récompensé par des concours internationaux de céramique contemporaine et exposé dans des galeries et biennales en France et à l’étranger.

"Bols et Boules"

du 22 novembre au 8 décembre 2019

Est il encore besoin de présenter, de justifier, de célébrer une exposition de bols  ?  Peut-être l’est-il davantage pour leur soeur imprévue, la boule !

 

Par delà sa vocation fonctionnelle immémoriale, par la simplicité de sa forme      (nonobstant bien des  variantes possibles) autant que par les aspects réduits de son décor, le bol est porteur d’une universalité et d’une intemporalité qui nous touchent peut-être plus immédiatement, et sans doute plus généralement, qu’aucune autre forme de la céramique. Il suffit de constater, de nos jours, la vogue des chawans japonais !


C’est que, sans doute, face à l’incroyable essor assez désordonné de la céramique contemporaine, le bol apparait au véritable artiste, et à son public le plus fidèle, comme un refuge, un lieu de ressourcement et de méditation voire un rappel à l’ordre !


Il reste au fond l’objet culte de son art, celui qui a essuyé ses premières gammes, qui recèle la plénitude de la soif apaisée, qui appelle les joies simples  de la main qui le tient et de la vue qui le contemple, qui continue d’être chaque jour son confident et parfois même son lieu d’expérimentation, mais qu’on ne peut détourner de sa vocation initiale sans lui faire perdre son âme ! Il protège ainsi le céramiste de céder trop fortement  à la tentation des excentricités formelles et des caprices de la mode.


Il le rappelle à sa vraie nature, à l’essence la plus sûre de son art !  De sorte que dans son espace étroit, il révèle bien souvent les traits les plus emblématiques  de son auteur. C’est là une grande part de son attrait ! Parfois au seuil d’un style, il en est souvent la somme ! Un bol de Champy, de Fouilhoux, de Girel, et c’est tout Champy, Fouilhoux et Girel ! Et de même pour tant d’autres .....


Par ailleurs l’exiguïté du bol et sa simplicité foncière ne sauraient entraver l’extrême diversité des talents ! Tout au contraire, elle les force à la concentration ! Ce qui fait qu’une exposition de bols d’auteurs divers est toujours un florilège assez exaltant de formes et de décors  ! On le vérifiera ici sans peine !
 

Et là dessus la boule ! La boule face au bol !


En un sens, elle n’est que la refermeture du bol sur lui même... mais elle est en même temps la forme même de la terre et des astres, la forme géométrique et cosmique la plus pure, la plus parfaite ! Non plus, pour le potier, un objet vital comme le bol, réceptacle de notre nourriture, mais un instrument purement intellectuel, un objet de contemplation, ou de rêve idéal  un peu comme les disques bi de l’ancienne Chine !


Alors qu’en feront nos artistes invités ? Un hymne à la pure matière, à l’épure de l’idée.... ou aux miroitements du rêve ?


                                                                         

  Jean François Juilliard